Life is too short for bad Coffee !!

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J’ai levé le pied (et même les deux !). Les étapes sont moins longues, un léger redécoupage m’offre la possibilité de ne marcher que 20 à 25 km maximum par jour. Je fais également des pauses le midi, parfois une petite sieste sur le bord du chemin. Mon rythme est plus tranquille, je récupère des efforts de ces dernières semaines.

Je suis arrivé à Moustey. Cette fois-ci, je ne dormirai pas sur le banc de l’abri-bus ! (voir Camino 2010). Devant l’église se trouve la borne des 1 000 km (de Moustey à Santiago), déjà 800 km de parcourus.

La traversée de Bordeaux a été très agréable et m’a donné l’opportunité de retrouver mes amis Emmanuelle et Bérenger. Ils habitent à 150 m du Chemin, dans le centre-ville, et ils m’ont gentiment invité à déjeuner mardi. Au menu, concocté par Bérenger : pâtes aux tomates et un excellent Bordeaux ! (après avoir traversé toutes ces vignes !) Un sympathique moment de retrouvailles, hélas trop court, mais nous aurons l’occasion de nous revoir. Encore merci !

Bordeaux est une belle ville au riche patrimoine. Le Chemin permet de pénétrer et de visiter le cœur historique. Je me suis attardé notamment place Rohan et à la cathédrale Saint-André, profitant d’une terrasse pour déguster un café (Life is too short…).

Mardi soir, je suis arrivé au Prieuré de Cayac à Gradignan où j’ai enfin fait la connaissance d’un pèlerin, José, bordelais. Il vient de finir sa première étape. Désormais, j’aurai un compagnon pour les prochaines soirées.

Depuis mercredi matin, le parcours emprunte d’interminables pistes forestières bordées de pins et de sapins. Les heures passent, rares sont les habitations, et encore plus les rencontres. Gradignan/Le Barp, c’est pratiquement une vingtaine de kilomètres en forêt, déprimés s’abstenir ! Mieux vaut aussi prévoir quelques courses le matin. La pause du midi fut un bon moment : installé sur le talus, la tête sur le sac, j’ai fini par m’endormir, du bonheur !

Hier, programme identique : longues balades en forêt avec une halte à mi-chemin à Belin-Béliet, seule commune sur le parcours. J’ai eu la chance de pousser la porte de « L’Atelier de ChoCho », un super restaurant, pas cher, je me suis régalé ! La meilleure table depuis mon départ : un menu végétarien préparé avec savoir-faire et talent, et des produits frais. Et en prime, un cheesecake au dessert ! Un verre de Graves et… l’envie de ne plus repartir de cet endroit chaleureux !

Dehors, la pluie m’attendait, mes vêtements étaient à peine secs… Quelques minutes plus tard, j’étais de retour dans les bois, pour une marche de deux heures jusqu’au gîte communal de Mons en Belin, isolé dans une clairière, au pied d’une église romane et de son cimetière. En fait, c’est le centre du village, pas la peine de chercher le café ou l’épicerie !

Trempé, j’ai retrouvé José, qui, plus clairvoyant, avait dans son sac des sachets de soupe pour nous réchauffer : il ne faisait pas chaud dans le gîte !

Ce soir, c’est nettement mieux : nous sommes installés au « Grillon dort », dans un sympathique studio chez Mme Jossiez, au cœur du village de Moustey. Le temps a été plus clément aujourd’hui et l’étape ne dépassait pas 20 km. Dommage que le Chemin suive en grande partie l’autoroute A63.

Je suis maintenant dans les Landes. Demain, je retrouverai avec bonheur les pins et les sapins pour une grande ligne droite jusqu’à Labouheyre.

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