Varanasi, la cité des vaches !
Elles sont partout, à chaque coin de rue, jusque dans les boutiques où elles jouent les clientes ! Incroyable. Sacrées, elles peuvent absolument tout se permettre.
C’est donc sous l’œil placide de ces braves bêtes que je suis arrivé hier soir, après un voyage quelque peu mouvementé.
J’ai tenté cette fois le train de jour… folklo ! Pour 1 euro, il ne fallait pas s’attendre à un TGV. Une fois à l’intérieur, c’est comme un vendredi soir dans le métro parisien — avec en prime des passagers perchés dans les porte-bagages ! Overbooking à l’indienne… Le défi : tenir trois heures debout, bien accroché… comme on peut.
Au bout d’un (long) moment, je commence à m’inquiéter de ma destination. Heureusement, j’étais bien entouré (un peu trop même). Un jeune gars, après concertation avec le wagon entier, me conseille de descendre à la prochaine gare. Je me fraye un passage dans la foule, récupère mon sac et saute du train.
Mais là… personne ne descend. Étrange. Je crie “Varanasi !” aux officiels du quai, ils me font de grands signes : ce n’était pas la bonne ! Et le train repart…
Me voilà donc en train de courir, sac sur le dos, dans un sprint improvisé. Par miracle, je remonte à bord… mais dans un wagon de classe supérieure. Confort amélioré pour la dernière demi-heure. Ouf ! C’est chaud, parfois.
Un tour de tuk-tuk (gare à 15 km du centre) et j’arrive enfin à Varanasi, en quête rapide d’un lit. Pas de lumière dans les ruelles, un vrai labyrinthe. Les vaches flânent, les bouses décorent le chemin, l’ambiance est… sportive.
Un gamin du quartier m’aide, me guide d’abord vers une guesthouse hors budget, puis vers une autre : la Puja Guesthouse. Chambre sans fenêtre, bonne odeur de renfermé, et un ventilo qui fait le bruit d’un hélico au décollage… Je ne vais pas moisir ici.
Mais au dernier étage, un petit resto surplombe le fleuve et les ghats, ces lieux où se déroulent les crémations. La vue sur le Gange et la ville est magnifique. La soirée est agréable, même si l’air est chargé de l’odeur des corps qui se consument en contrebas…
Varanasi est l’une des plus anciennes villes du monde et le plus grand lieu sacré de l’hindouisme.
Chaque année, 3 à 4 millions de pèlerins viennent s’y purifier dans les eaux du Gange, réputées pour leurs vertus… Aujourd’hui, c’est presque trop purifiant : bactéries, métaux lourds, matières fécales, rien ne manque…
Mourir à Varanasi est le vœu le plus cher de tout hindou. Cela en fait la ville de la mort, mais aussi de l’espoir.
Ce matin, quelques photos depuis la terrasse, puis me voilà à la recherche d’une nouvelle chambre.
Je parcours les ruelles de la vieille ville, et au hasard d’un petit-déjeuner, je tombe sur la Vishnu Resthouse, conseillée par le Routard. Plus centrale, plus calme, au bord de l’eau, avec une chambre qui donne directement sur le fleuve. C’est exactement ce que je cherchais.
Je pense rester quelques jours. Le quartier est agréable. J’ai retrouvé Levi, un vieil Américain, ainsi que Sophie et Thierry, un couple de Français croisés à Calcutta.
On n’est jamais vraiment seul en voyage.