Parti tôt de Bagan, mon bus arrive à Kalaw en début d’après-midi, après une belle traversée de moyenne montagne. La route est superbe, et je me suis efforcé de ne pas m’endormir (ce qui est souvent le cas !).
À la sortie du bus, Rubin m’aborde et me conduit à la Golden Lily Guesthouse, justement l’endroit où je voulais aller.
En chemin, il m’informe qu’il accompagne un groupe le lendemain pour le lac Inle. Impeccable, c’est exactement ce que je comptais faire — pas le temps de refroidir !
Je me joins donc à une équipe sympathique : trois Espagnols, un Américain, une Slovène et une Vénézuélienne. L’anglais nous permet de bien communiquer.
Nous partons le dimanche matin à 8 h pour trois jours de marche, environ 60 km à travers des paysages de rizières et de montagnes couvertes de pins.
Ce trek nous offre la découverte de petits villages, l’observation de la nature, et même quelques cours de botanique improvisés par Rubin, sans oublier des échanges riches avec les agriculteurs.
Les moyens sont rudimentaires, comme figés dans le temps : les champs sont labourés avec des buffles, et les rizières préparées et plantées à la main. Les hommes ont de l’eau jusqu’aux genoux et se font dévorer par les sangsues. Les outils sont archaïques, et les cultures demandent beaucoup de courage.
En contrepartie, la terre est généreuse, et les femmes récoltent une grande variété de légumes : choux, pommes de terre, tomates, carottes…
Les paysages sont splendides, le temps passe vite, et l’ambiance est excellente. Chacun partage son parcours. Je réalise que je suis parti depuis peu : certains voyagent autour du monde depuis un an ! Helena et Marsal, eux, sortent de 18 mois d’aide humanitaire en Inde, et s’offrent maintenant une année de vacances.
Nous passons notre première nuit chez l’habitant, dans un petit village. Pas de grand confort (douche au clair de lune, au seau, et cabane au fond du jardin !), mais un accueil chaleureux et une cuisine délicieuse préparée spécialement pour nous. Nos hôtes nous laissent leur maison et s’installent dans une annexe. Nous dormons sur le plancher en bois de la pièce à vivre.
Le lendemain matin, tout le monde a mal au dos !
Pour la deuxième nuit, Rubin a choisi un monastère, où vivent six jeunes moines et leur maître. Cette fois, on a de la place ! Les parents envoient leurs enfants ici, loin de tout. Les jeunes moines parcourent de longues distances, pieds nus, avec leurs gamelles, pour aller chercher leur nourriture.
Les plus matinaux d’entre nous ont assisté aux chants de mantras, dans l’obscurité, à la lueur de deux bougies — un moment magique.
Nous avons été très bien accueillis ici aussi, et le repas (aux chandelles) servi sur la terrasse était tout simplement délicieux.
Pour boucler notre trek et rejoindre Nyaung Shwe, notre étape finale, nous avons pris le bateau pour une traversée d’1h30. Un moment de détente et de découverte du lac Inle — une très belle manière de conclure l’aventure.
Trois jours inoubliables, un immense bonheur, des moments riches, de belles rencontres.
Tout, dans ce pays, donne envie de revenir.