Je m’en allais de bon matin, sur les chemins… à bicyclette !!
J’ai troqué la moto pour le vélo, bien moins cher — je dois surveiller mon budget, surtout qu’il est impossible de retirer de l’argent ici, alors je dois tenir jusqu’à mon arrivée en Chine.
Je suis à Mandalay depuis vendredi soir, la deuxième ville du pays, située au centre de la Birmanie. Dès samedi matin, j’ai loué un superbe vélo, une antiquité indienne au look british : j’avais l’impression de partir bosser à la City, il ne manquait que le chapeau melon !
Au programme : la visite des anciennes capitales royales, dont la plus lointaine, Sagaing, se trouve à 20 km. Température idéale : 36°C, un super temps pour pédaler !!
Je vous le dis d’emblée : faire du vélo à Mandalay, c’est un peu stressant, surtout aux carrefours. Pas de règles de priorité, chacun pour soi ! Il faut juste rester concentré, ralentir… et ça passe.
Une fois sorti de la ville, nouveau défi : la chaleur. Ça tape fort dès la fin de matinée. Heureusement, je suis arrivé au pont U Bein, un endroit magnifique et paisible. J’y ai pris le temps d’observer les pêcheurs en pirogue. Ce pont, long de 1 200 m, est le plus long pont du monde en teck. Il relie la campagne à la ville d’Amarapura, en enjambant le lac Taungthaman.
Après ce moment de repos, j’ai repris la route vers Sagaing, jusqu’au sommet de la colline, à la pagode U Ponya. J’avais l’impression d’être un coureur du Tour au sommet du Tourmalet… sauf que moi, j’étais plutôt écarlate et à essorer en arrivant. Bilan : 3 litres d’eau dans la journée !
Mais une fois là-haut, c’est merveilleux. Le panorama est grandiose. La pagode, édifiée en 1312, surplombe toutes les collines alentour, le fleuve Irrawaddy, et les innombrables pagodes, stupas et monastères qui surgissent du paysage. C’est impressionnant, et d’une beauté à couper le souffle.
Hier, journée plus tranquille, j’ai surtout visité Mandalay. Notamment la pagode Mahamuni, la plus prestigieuse de la ville, construite en 1784 et reconstruite au XXe siècle après un incendie.
Comme beaucoup de pagodes récentes, le décor est très kitsch : des leds clignotent autour de la tête de Bouddha. Un peu notre Lourdes local, si on compare aux petites églises romanes — ici, les pagodes célèbres ont aussi leurs marchands du temple, et ça vire au Las Vegas spirit. Les Birmans aiment, comme quoi les goûts…
À proximité, j’ai arpenté le quartier des artisans sculpteurs de Bouddhas. Des enfants y travaillent, sans aucune protection : ils poncent, meulent, peignent dans un brouhaha étouffant et des conditions très dures.
Je suis allé dans les petites ruelles où les gens vivent entassés, avec le strict minimum. Et toujours ce même accueil souriant et chaleureux, cette gentillesse quotidienne qui me touche profondément.
Je continue aujourd’hui à explorer les quartiers, à observer le quotidien, à prendre des photos pour témoigner de la misère, mais aussi de la force tranquille de ce peuple, et du long chemin qu’il lui reste à parcourir pour vivre plus dignement.
Mercredi matin, je pars très tôt, avec le ferry de 5h, qui descend le fleuve jusqu’à Bagan — une belle traversée vers un nouveau lieu magique et unique, avant de me rendre à l’est du pays, au lac Inlé.
J’ai prévu une randonnée depuis Kalaw jusqu’au lac : trois jours, deux nuits, à travers rizières et montagnes. Une nouvelle aventure.
Je ne pense pas pouvoir donner de nouvelles avant Kunming maintenant, où j’arriverai le 25 juin.
À bientôt.