Trois ans plus tard, je vais retourner en Birmanie, comme je l’avais promis.
Le 8 novembre devrait marquer une date importante et historique pour ce magnifique pays auquel je me suis attaché. En effet, se tiendront à cette date les élections générales, dont l’enjeu, considérable, est de mettre fin à 60 années de dictature militaire.
À quelques jours de ce scrutin crucial, la ferveur populaire est à son comble, et tout un peuple attend l’événement tant espéré : voir enfin Aung San Suu Kyi et son parti, la NLD (National League for Democracy), prendre en main la destinée du pays.
« La Dame de Rangoon » est une véritable icône. Elle est adulée par les Birmans et représente la promesse d’une démocratie qui s’est fait trop longtemps attendre.
La junte militaire a tout fait pour conserver le pouvoir et, encore ces derniers jours, ses dirigeants ont tenté d’annuler les élections.
Jusqu’au dernier moment, tout reste à craindre, et la vigilance est de mise pour ce peuple qui a tant souffert et vu ses nombreux rêves s’effondrer, un à un, durant ces longues années d’oppression et de terreur.
En 2007, l’armée n’avait pas hésité à charger la foule lors de la révolte pacifiste des moines bouddhistes.
En 1990 déjà, Aung San Suu Kyi et son parti remportaient tous les suffrages, et l’avenir s’annonçait radieux. C’était sans compter sur la fourberie de la junte, qui n’avait pas reconnu ni admis les résultats.
Il en a résulté pour The Lady, devenue Prix Nobel de la Paix en 1991, de nouvelles années de résidence surveillée et de privations de ses droits.
Aung San Suu Kyi n’a été libérée qu’en novembre 2010, et depuis 2011, les militaires et le pouvoir ont assoupli leur politique dans un processus “contrôlé” de démocratisation, visant surtout à lever les sanctions et l’embargo dont le pays faisait l’objet.
Cette élection devrait enfin être la bonne.
Je pars confiant, je veux croire que tout se passera bien et que je participerai, avec une population en liesse, à une joyeuse et formidable fête.
Le 30 octobre, je prendrai l’avion pour Bangkok et ferai ensuite route vers le sud de la Birmanie, puis Rangoon, d’où je vivrai les élections.
Ce séjour sera aussi l’occasion de retourner dans les lieux magiques de Bagan, du lac Inle, de Mandalay, et de renouer avec les Birmans, si accueillants et si gentils.
A notre époque même une seule voix peut être entendue partout dans le monde
Aung San Suu Kyi