C’est en train, cette fois-ci, que je me suis déplacé, une première depuis mon départ de Bangkok. J’ai quitté la gare de Hanoï hier matin pour rallier la ville de Haïphong, située à 100 km à l’est. Aucun problème lors de ce trajet : le train est confortable et très économique, à peine 3 euros le billet.
À Haïphong, où je ne me suis pas attardé, j’ai rapidement trouvé un bus local pour rejoindre la baie d’Ha Long et plus précisément Hon Gai, l’une des deux parties de la ville d’Ha Long et point de départ des balades en jonques.
J’avais bien lu que cette destination n’était jamais retenue par les chauffeurs de bus, soucieux de déposer le « touriste » au pied du pont suspendu, côté Bai Chay. Évidemment, je n’ai pas fait exception, malgré mon insistance à répéter « Hon Gai ». Ok, je sais, mon accent n’est pas terrible. Toujours est-il que je me suis retrouvé débarqué au pied du pont où m’attendait un comité d’accueil…
Là, je répète à nouveau ma destination, je négocie le prix, cela me paraît peu cher, et me voici sur une moto-taxi qui m’emmène à… Bai Chay ! Je m’en aperçois très vite, ayant visualisé les lieux sur ma carte. J’interpelle mon chauffeur, qui comprend très vite mon mécontentement et qui me propose finalement de me conduire à Hon Gai en multipliant le prix de la course par cinq ! Bien vu l’ami, mais désolé, nous allons nous quitter là !
Ni une ni deux, je saute de la moto et me voilà parti pour quelques kilomètres… Coup de chance, je repère un ascenseur de service au pied d’une pile du pont : ni vu ni connu, je gagne du temps en appuyant sur la touche 10 et j’atterris sur le pont. Plus que 4 kilomètres !
Je comprends que je sois le seul routard à Hon Gai : depuis hier soir, je n’ai pas vu un touriste ici, et le centre est petit. Mais tout est fait pour qu’aucun n’arrive à cet endroit. Le réseau est bien organisé et il est difficile d’y échapper.
Je suis ici parce que je souhaitais me rendre sur l’île de Quan Lan, située à deux heures de bateau. Je pense que je vais être l’unique visiteur étranger à débarquer sur ce morceau de terre de 30 km de long. Mon départ est prévu tout à l’heure à 14 h. C’est un endroit encore préservé de la baie d’Ha Long, bordé à l’est de quatre plages de sable fin, sans électricité. Ce qui est intéressant également, c’est que le tarif n’a rien de comparable avec les excursions organisées depuis Bai Chay. Au programme : baignades et repos !
Peut-être qu’au retour, je ferai une croisière en jonque depuis Hon Gai pour découvrir les pains de sucre et grottes qui émergent de la baie. Mais je crois que la belle balade d’aujourd’hui devrait me permettre d’apprécier ce cadre unique. J’espère que la météo va rester favorable, le temps devient orageux.
J’ai rencontré à mon arrivée hier des gens charmants, Hong et Van, à qui je demandais mon chemin pour me rendre à l’hôtel. Hong est chauffeur routier et Van prépare des petits-déjeuners dans sa boutique sur rue. C’est autour d’une bière que j’ai fait leur connaissance en leur promettant de venir dîner chez eux en soirée.
À 19 h, j’étais de retour dans leur petit établissement, mais je n’avais pas prévu qu’ils m’inviteraient à partager leur table ! Van avait cuisiné des frites et des légumes, sachant que j’étais végétarien. Nous avons essayé de nous comprendre et d’échanger sur nos vies.
J’ai été accueilli avec une grande gentillesse et beaucoup d’attention, alors qu’au même moment se tenait une fête de quartier à laquelle participaient tous leurs voisins ! Au moment de payer pour mon repas, j’ai essuyé un refus : j’étais leur hôte, « Souvenir ! » m’a dit Hong. Quel chouette moment, quelle belle rencontre.
Avant de les quitter, Hong m’a fait visiter leur maison, construite sur quatre étages, de type « tube », avec peu de façade (moins de taxes) et en longueur, principe que l’on retrouve partout au Vietnam. J’ai ainsi pu découvrir la pièce consacrée au culte des ancêtres, dans laquelle se trouve un grand autel en bois, imposant. Les Vietnamiens vénèrent leurs anciens, parents, grands-parents et arrière-grands-parents dans un endroit de la maison dédié aux prières et au recueillement. C’était pour moi un grand honneur.
À l’écart des lieux trop touristiques et de leurs effets pervers, existent des espaces où règnent encore la convivialité et la fraternité.
Merci à Van et Hong pour votre accueil et les bons moments passés à vos côtés.