Depuis jeudi midi, je me repose à Hoi An, à 135 km au sud de Hué, entre rivière et océan. Quelques jours sans bouger dans une ville certes touristique, mais au charme indéniable, classée au patrimoine mondial par l’UNESCO.
Le centre historique est composé de maisons, temples et demeures de caractère, restaurés avec goût. Dès le XVe siècle, des bateaux du monde entier faisaient escale dans ce port de commerce pour acheter, entre autres, des épices, du thé et de la porcelaine. Au fil des siècles, les négociants y construisirent de magnifiques bâtisses.
Hoi An a heureusement échappé à la guerre et à ses destructions ; restée intacte, elle représente aujourd’hui une étape incontournable du Vietnam.
Je profite de cet endroit agréable pour me restaurer plus convenablement, l’offre est nettement plus importante et de qualité, tourisme oblige. Je loge également dans un hôtel plus confortable, avec un bon lit et une chambre avec fenêtre donnant sur… la piscine ! Je vais finir par m’habituer au luxe ! Cette “folie” reste toutefois raisonnable : 11 euros la nuit, vélo compris !
Ce moyen de locomotion mis à ma disposition me permet notamment de me rendre à la plage, à 5 km. De l’exercice, toujours de l’exercice ! Je commence à flotter dans mon jean !
Hoi An a bénéficié dans son passé de l’influence des Chinois, nobles et commerçants venus se réfugier au XVIIe siècle, fuyant les Mandchous. Des migrants japonais se sont aussi installés dans ce port dès le XVIe siècle. Le pont japonais, en forme de dos d’âne, édifié en 1593, reste le témoignage illustre de cette présence.
L’architecture des maisons est un harmonieux mélange des apports de ces nations : on doit aux Chinois l’atrium et aux Japonais les toits à quatre pans. Les demeures que j’ai visitées sont habitées par les mêmes familles depuis plusieurs générations. Construites solidement avec des piliers en bois de fer (très dur), reposant sur des socles en marbre, elles résistent aux intempéries et aux inondations (fréquentes ici, 1,60 m d’eau en 2009 !), certaines depuis presque 300 ans.
Mon séjour à Hoi An se termine demain, je prends un avion à Da Nang pour rallier Ho Chi Minh (Saigon), situé au sud, à 900 km. Je projette de passer une dernière semaine dans le delta du Mékong, “le grenier à riz” du Vietnam.