Je suis entré au Vietnam hier après-midi. À une trentaine de kilomètres de la frontière du Laos, je me trouve dans la ville de Dien Bien Phu.
Ce nom restera à jamais associé à la guerre d’Indochine ; je tenais à m’y rendre et souhaitais commencer mon périple au Vietnam par ce lieu inscrit dans les mémoires.
C’est ici que la France a perdu la guerre, dans une cause qui n’était pas juste. C’est ici que des soldats sont malheureusement morts : des Français sacrifiés sur l’autel du colonialisme, et des Vietnamiens parce qu’ils défendaient leur terre et leur liberté.
Je me suis rendu sur les principaux sites de cette bataille du 13 mars 1954 (bientôt 60 ans), qui, en moins de deux mois, vit l’anéantissement de l’armée française. Trois mille morts, quatre mille blessés, dix mille prisonniers (dont seulement un tiers reviendra des camps) : voici le triste bilan à mettre au crédit de la suffisance et de l’arrogance des élites politiques et militaires de l’époque (ont-elles changé aujourd’hui ?).
Un correspondant du « Monde » écrivait que Dien Bien Phu ressemblait à un grand stade entouré de gradins : son observation était pertinente. Hélas, les troupes françaises occupaient la plaine et l’assaut du Vietminh depuis les montagnes environnantes ne leur laissa aucune chance.
Je mesure la chance que j’ai de ne pas avoir connu la guerre.
Je pense, en ces lieux, à ceux qui n’ont pas eu d’autre choix que de partir un jour et de devoir combattre : à mon père, à mon grand-père, à mon oncle Louis qui est venu dans cette contrée lointaine, et à tant d’autres parmi vos proches et dans vos familles.
Ce 11 septembre me rappelle malheureusement que les guerres, le terrorisme et la violence sont toujours d’actualité, frappant aujourd’hui d’autres innocents. Cela cessera-t-il un jour… ?
Dien Bien Phu est aujourd’hui une petite ville en pleine effervescence, tournée vers l’avenir.
J’ai retrouvé le concert des klaxons et le flot des deux-roues !
La vie est trépidante, sauf entre 11h00 et 15h00 ; je vais devoir m’habituer à nouveau aux habitudes locales. Je n’ai donc pas pu déjeuner, impossible de trouver un établissement ouvert !
La visite du marché reste le meilleur moment de cette journée : l’émotion a fait place à la joie de rencontrer les habitants, les marchands, d’observer ces moments de vie, d’échanger quelques mots, des sourires. Ce sont des instants de bonheur que je savoure. Pour les amateurs, je peux ramener des chenilles… J’ai un peu de mal avec le spectacle offert par certains étals !
Les Vietnamiens sont gentils, souriants et accueillants ; les jeunes et très jeunes engagent facilement la conversation et se lancent avec quelques mots d’anglais. Avec les adultes, alors là, ça se complique ! Il reste les gestes, et encore ! Je suis en tout cas très heureux d’être au Vietnam.
Demain, je pars tôt pour la ville de Sapa, dans le nord-ouest.