Bloqués 7h sur la route 13 !!

laos

NONG KHIAW – OUDOMXAY : environ 130 km. Je suis parti confiant dimanche matin à 11h00, le soleil était au rendez-vous, la journée s’annonçait agréable. La veille, j’évoquais à une touriste espagnole ma chance de ne pas trop rencontrer de problèmes lors de mes voyages en bus… (Ne jamais parler trop vite !)

La météo de ces derniers jours n’était pas terrible et, vu ce que la rivière Nam Ou charriait comme débris d’arbres et troncs entiers, je pensais que le nord du pays avait connu de gros dégâts.

Justement, mon minibus, pris une heure après Nong Khiaw à hauteur de Pak Mong, au croisement des routes 1 et 13, m’emmenait dans cette direction…

À 12h45, après trois quarts d’une route déjà défoncée et traversée de ruisseaux, nous sommes arrivés face à un mur de terre ocre : plus de route ! Un énorme glissement de terrain avait englouti l’asphalte et une pelle était déjà à l’ouvrage pour dégager un passage. Le trajet s’annonçait plus long que prévu…

Cet incident représentait donc une première pour moi. Certains l’évoquaient dans leurs récits de voyage, mais aujourd’hui c’était mon tour ! J’allais pouvoir juger de ma capacité à vivre l’événement sans tension !

Dans notre bus d’une vingtaine de passagers, j’ai fait la connaissance de Sébastien, de Montréal, un ingénieur en travaux, qui ne pensait pas se retrouver dans un véritable chantier pendant ses vacances !

Les heures se sont ainsi écoulées, en compagnie des badauds du village voisin et de tous les prisonniers de la route, une longue file de chaque côté, ambiance retour de vacances, tous bloqués dans le bouchon !

La différence, c’est qu’ici la bonne humeur reste de mise, personne ne râle ni n’en veut à la D.D.E., même avec les pieds dans la boue !

Au bout de quatre heures d’attente, quelques véhicules ont pu s’échapper, mais le passage était trop étroit : un camion est resté bloqué, puis un bus est allé se planter dans le fossé après une glissade ! Le spectacle était au rendez-vous, toujours dans les rires et la joie !

Finalement, le temps passe, la journée s’écoule, les pelleteurs (deux) n’arrêtent pas, le monticule perd de son volume, la brèche s’ouvre à nouveau, plus stable, l’éboulement menace toujours…

Trois heures viennent à nouveau de passer, cela fait maintenant sept heures que nous sommes sur place, à aller et venir, à discuter, à échanger avec les uns et les autres. Un commerce s’est même installé : les gamins du village nous fournissent en eau et sodas, ils se font de l’argent de poche ! La négociation n’est pas à notre avantage !

Il fait nuit, les engins terminent avec leurs phares, 19h45, nous repartons après l’écoulement de la file opposée, le passage tient le coup.

La route continue pour nous et nos compagnons stoïques, il ne reste plus que 70 km… tout près et si loin !

Pour décrire la route que nous empruntons, je ne vois qu’une image : celle d’une piste de rallycross ! Le chauffeur s’évertue au mieux pour faire avancer son bus et franchir les obstacles : ruisseaux, slaloms entre les monticules de terre, trous béants, coulées de boue, ça secoue, ça patine et… ça passe ! L’option nuit dans le bus reste toujours d’actualité…

Nous avalons les kilomètres à dose homéopathique, le chauffeur a mis la sono à fond, je ne sais pas si les watts font effet mais les virages se succèdent, les montées et les descentes aussi, le bus est toujours là, sur la piste boueuse et glissante.

23h00, des lumières, une densité d’habitat plus importante, c’est OUDOMXAY qui nous attend. Des restaurants de rue sont encore ouverts, que le petit-déjeuner est loin ! Nous allons pouvoir, Sébastien et moi, manger une bonne soupe de nouilles laotienne. Sébastien n’en peut plus, lui est parti de Luang Prabang depuis vingt-quatre heures !

Nous avons couvert le dernier tronçon à une moyenne honorable de 20 km/h, une belle performance… En tout cas, merci au chauffeur de nous avoir amenés jusqu’ici.

Pour finir, nous sommes heureux de notre journée, la bonne humeur est contagieuse !

Quel dimanche sur la 13 !

« Rien ne sert de courir, il ne faut pas partir trop loin » (Le lièvre et la tortue, version laotienne).

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