Je suis à Bali depuis quelques heures. Je suis parti mardi soir. Après un trajet de nuit en bus et deux vols depuis Delhi, je vais m’accorder une pause.
Ma fin de séjour en Inde a été marquée par deux merveilleuses journées d’enseignements du Dalaï-Lama, en forme et toujours aussi convaincant. Comble du bonheur, j’ai pu le voir de très près cette fois-ci. Dans son temple, il y a beaucoup plus d’intimité qu’ailleurs : on est proche de lui, en famille.
Je ne pouvais pas rester plus longtemps, mon visa se terminant le 31, mais j’ai quitté Dharamsala le cœur rempli de joie et d’amour. Dans une actualité souvent anxiogène, ça fait du bien de recevoir des paroles qui transmettent une énergie positive et confirment l’intérêt des enseignements du Bouddha.
Je sais que beaucoup de mes ami(e)s le verront bientôt en France, à Strasbourg. Je leur souhaite de profiter pleinement de sa sagesse, de sa compassion et de son éternel humour.
En attendant mon vol pour Kuala Lumpur, j’ai eu tout le temps de me promener, dès l’aube, dans les ruelles d’Old Delhi, de partager des séquences de vie, de faire de belles rencontres et de m’immerger une dernière fois dans cette atmosphère particulière et unique.
J’ai fait un petit tour aussi dans le camp tibétain de Majnu-ka-Tilla, à Delhi, histoire de rester dans l’ambiance et de déguster un savoureux curry !
Et là, au moment de partir de la colonie, je fais une rencontre incroyable. Je tombe nez à nez avec Phakyab Rinpoche. L’avais-je trop imaginé ?
Je pensais à lui ces derniers jours, je savais qu’il était à Dharamsala, pour y rencontrer entre autres le 17ᵉ Karmapa. Je m’attendais éventuellement à le croiser dans la rue. Et puis, tout à coup, le voilà, surgissant à ma gauche d’un croisement.
Je le reconnais immédiatement et nous nous mettons à discuter comme si nous nous étions toujours connus. Je n’en reviens toujours pas. Il regagnait son hôtel du côté de l’aéroport, il me propose de l’accompagner dans son taxi.
C’est ainsi que je partage une discussion enrichissante et joyeuse avec ce grand maître tibétain, proche du Dalaï-Lama et auteur du livre La Méditation m’a sauvé. Un excellent récit qui retrace sa vie et raconte sa bouleversante histoire : son évasion des prisons chinoises, les horribles tortures qui le laissent avec une grave gangrène et de lourdes séquelles. Son parcours en Occident et surtout la guérison de ses blessures par la méditation (mais je vous laisse découvrir).
J’avais eu la chance d’assister à sa passionnante conférence, à Rennes, en avril dernier, mais de là à le rencontrer en Inde et pouvoir échanger avec lui… J’ai vécu une merveilleuse rencontre. Nous nous sommes serrés dans les bras, longuement, au moment de nous quitter. C’est certain, nous nous reverrons en Normandie, où il réside une partie de l’année et où il délivre ses enseignements.
Je suis comblé. Ces derniers jours m’ont apporté tant de bénédictions. Je rencontre de belles personnes. Aujourd’hui encore, à la sortie de l’aéroport de Denpasar, un jeune Indonésien et une vieille dame dont le fils, officier, sillonne sur un bateau de croisière les eaux de la Méditerranée.
Ils m’ont témoigné toute leur générosité et leur gentillesse. J’ai pris le bon bus, le bon van, et je suis arrivé facilement à destination, dans un pays inconnu, en quelques minutes d’échanges et de sourires. Voyager se révèle ainsi être une véritable source de multiples petits bonheurs, des instants magiques, une richesse sans prix.
Je vais maintenant découvrir l’Indonésie, un pays qui m’attire depuis longtemps. À partir de demain, je prépare un parcours, guidé par les gentils conseils d’ami(e)s qui se reconnaîtront dans ces lignes.
Merci à vous toutes et tous de m’accompagner. Nous sommes tous reliés, j’en fais l’expérience.
Mes pensées vont vers vous. Portez-vous bien.
Celui qui voyage sans rencontrer l’autre ne voyage pas, il se déplace…
Alexandra DAVID-NEEL