Dans les rues de RANGOON

rangoun burma 005

Me voici à Rangoon ! Quel contraste avec la Thaïlande. Quitter Bangkok et se retrouver 1h30 plus tard ici, le changement est brutal. Quelques différences majeures sautent immédiatement aux yeux : des taxis brinquebalants dès l’arrivée à l’aéroport, et un trajet jusqu’au centre-ville qui m’a rappelé l’Afrique — freinages à la limite, véhicules sans phares, rues peu éclairées, aucune moto ou mobylette. Les voitures roulent à droite, mais gardent le volant à droite… une décision gouvernementale prise après consultation d’un astrologue !

Je dois vite oublier le confort des guesthouses thaïlandaises. Ici, l’état des immeubles et des maisons n’a rien de comparable : tout est délabré, vétuste.

La Birmanie est le pays le plus pauvre d’Asie, et cela se perçoit rapidement. Malgré tout, les gens sont très gentils et accueillants. Le bouddhisme y est sans doute pour beaucoup.

Je suis logé dans un petit immeuble, dans le downtown, le quartier central où subsiste tout le passé colonial. Je ne vais pas m’attarder sur la description des lieux : conforme à la norme du Routard, avec quelques odeurs en plus !

La journée a été bien remplie : change en monnaie locale, tentative de visite à l’ambassade de Chine (fermée, il faudra revenir demain), le tout à pied, le meilleur moyen pour respirer et découvrir la ville.

J’ai ensuite visité la pagode Shwedagon, considérée comme la plus belle et la plus impressionnante du monde (selon le guide). C’est vrai que l’endroit est grandiose : le stupa mesure près de 100 mètres de haut et est recouvert de 700 kg d’or ! L’ombrelle au sommet est entourée de 1 400 clochettes en or et la girouette incrustée de 2 400 pierres précieuses. Un chef-d’œuvre !

J’ai bavardé plus d’une heure avec un jeune Birman, sur la vie dans son pays, sur les inquiétudes mais aussi les espoirs de la population. Un moment privilégié avec un jeune d’une grande culture, et le tout en anglais (je progresse de jour en jour !).

Je suis ensuite allé un peu plus loin, à la pagode Chaukhtatgyi (imprononçable !), pour admirer l’un des plus grands Bouddhas couchés du monde (70 mètres de long). Magnifique.

Mais surtout, grâce à un guide rencontré sur place, j’ai pu accéder au monastère, rencontrer les moines, visiter leur dortoir et une salle de méditation où j’ai assisté à une récitation de mantras par de jeunes novices. J’ai été accueilli avec une grande gentillesse et une vraie bonté.

J’ai ressenti beaucoup de bonheur à échanger avec eux, à écouter leurs espoirs de changement, leur aspiration à une vie en paix, sans connaître à nouveau les persécutions qu’ils ont subies il n’y a pas si longtemps — certains y ont laissé leur vie. Des instants inoubliables.

Pour ce premier jour, je suis comblé. J’ai pris mon repas dans la rue ce soir, puis j’ai longuement discuté (encore !) avec un révérend autour d’un verre. Nous avons partagé la même admiration pour Aung San Suu Kyi, adulée dans son pays et que beaucoup aimeraient voir devenir leur présidente. Les élections sont prévues (normalement) en 2015.

Désolé, je ne peux pas vous envoyer de photos pour le moment : Internet en est à ses débuts ici, il n’y a pas de distributeurs automatiques, et le paiement par carte n’existe pas encore. Je croise très peu d’utilisateurs de téléphones portables, encore rares ici.

Mais les gens sont heureux, ils rient. Leur richesse est ailleurs. Une belle leçon pour nous, Occidentaux.

Retour en haut