CHENGDU

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Je suis à Katmandou, et quel bonheur de découvrir enfin cette ville au nom mythique. J’ai l’impression de revivre mes lectures d’adolescent, imprégnées d’aventure, de quête spirituelle et de cette époque “flower power”.
Les temps ont changé, les hippies ne déambulent plus dans les rues, mais je suis heureux d’être ici, de flâner dans les quartiers populaires, porté par les parfums de patchouli et les volutes d’encens.

Le Népal, ce n’est pas la Chine. Le bilan de ces 13 derniers jours là-bas est mitigé. Mais je garde en tête des paysages grandioses, ceux du Yunnan et du Sichuan, que j’ai traversés en me rendant à Chengdu.

J’y ai rencontré des Chinois très sympas, avec qui j’ai eu des échanges passionnants. Certains laissent espérer une évolution vers plus de démocratie, de liberté, et moins d’inégalités.

Quand je vous ai quittés, j’étais à Shangri-La, cette étape aux accents tibétains. Là-bas, j’ai croisé Mateo, un Italien qui enseigne en Chine depuis trois ans. C’est lui qui m’a conseillé de prendre un bus de Lijiang à Chengdu, alors que les agences locales proposaient un périple de 48 heures via le nord. Les échanges ont toujours du bon — je l’ai constaté plus d’une fois en route.

À la gare de Shangri-La, j’ai retrouvé avec joie Julia et Flora, deux jeunes Parisiennes parties depuis six mois. Hasard du voyage : elles arrivaient, je repartais. Julia m’a offert les notes de voyage de Nicolas Bouvier, cet écrivain et photographe suisse qui traversa l’Inde en voiture en 1954. J’ai dévoré ses récits dans le bus vers Lijiang — merci Julia, et merci à toutes les deux pour vos bons plans sur l’Inde !

À Lijiang, j’ai passé une belle soirée avec David et Aurélie, deux photographes parisiens en voyage d’un an en Asie. Le lendemain, jeudi 5, j’ai pris un bus-couchettes pour Chengdu : ma première fois ! Un véritable dortoir roulant sur deux niveaux, avec une quarantaine de Chinois… et moi, et moi !

Autant dire que l’ambiance pendant ces 20 heures était… marquante. En Chine, on crache, on fume (beaucoup), on pète sans retenue. Je vous laisse imaginer l’état du bus à l’arrivée. Heureusement, ma couchette était côté fenêtre, grande ouverte !

Chengdu, capitale du Sichuan, ville de 5 millions d’habitants. Ici aussi, les grues jaillissent de partout : la Chine construit, vite et fort, jour et nuit, 7 jours sur 7. Impressionnant.

Et pourtant, j’ai aimé cette étape. À Chengdu, les contacts ont été plus faciles, les habitants plus chaleureux qu’à Kunming. J’ai passé notamment une fin d’après-midi magique dans le parc central Renmin, plongé dans une ambiance incroyable : guinguettes improvisées, danses, chants, concours populaires. J’ai fini par participer. Moi aussi, j’étais l’attraction ! Et une fois la glace brisée, les Chinois se montrent curieux, drôles, pleins de vie. Une belle expérience.

Chengdu, c’est aussi un lieu unique : le Centre de recherche et de reproduction du Panda, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le site est à 12 km de la ville et attire les foules. Les Chinois sont littéralement fous des pandas, et très démonstratifs ! Moi aussi, j’étais heureux de les voir pour la première fois. Ces animaux ont une bouille irrésistible et des attitudes comiques. J’y ai passé un moment formidable.

Et puis, il y a l’autre visage de Chengdu : centres commerciaux géants, boutiques de luxe interminables. On se croirait à New York ou à Dubaï. J’ai marché des kilomètres, mangé un en-cas chez McDo, une glace rhum-raisin chez Haagen-Dazs, bu un café chez Starbucks (oui, je sais… pas très local, tout ça).
La Chine copie notre mode de vie, surtout dans ce qu’il a de moins glorieux. Mais certains ici gagnent des fortunes. Le fossé entre les classes sociales se creuse. En une journée, j’ai vu cinq Rolls Royce, des Bentley, Porsche, grosses berlines allemandes… Incroyable pour un pays qui se dit encore « communiste ».

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