Enfin arrivé à Nouakchott ! Que de péripéties depuis mon départ de Dakhla !
Tout a commencé au lever du jour. À 6h00 du matin, les rues sont désertes. Je cherche une station pour faire le plein avec ma carte Visa… mais la seule qui l’accepte est fermée. Tant pis, je dépense mes 200 derniers dirhams en gazole. Je me dis que je passerai à un guichet à Nouakchott.
Je reprends la route rassuré : le plein est fait, je peux attaquer le désert !
La route est vide, le Ramadan y est pour beaucoup. La population vit surtout la nuit. Je croise quelques camions, mais souvent j’ai l’impression d’être seul au monde.
Les kilomètres et les paysages défilent, sublimes. Je me sens bien, que dire de plus ?
Après environ 300 km, au milieu de nulle part, un panneau 80 km/h surgit. Je ne me méfie pas, et deux kilomètres plus loin, dans une descente, je tombe nez à nez avec deux gendarmes assis sur des pliants, jumelles à la main, leur 4×4 garé en retrait.
Enfin une rencontre !
Je dois m’arrêter. Le verdict tombe immédiatement : infraction constatée, vitesse : 96 km/h. C’est vrai, j’ai mis en danger les nombreux dromadaires que j’ai croisés…
Ça sent franchement l’arnaque. Je tente de plaider ma cause, mais le chef à bord du 4×4 tient à faire tourner sa boutique : 300 dirhams ou il confisque mon permis.
Problème : je n’ai plus un sou, et je commence à m’inquiéter sérieusement pour la suite.
Une seule option : attendre qu’un véhicule me dépanne en argent… au rythme de la circulation, ça peut durer des heures…
Et là, miracle : quatre voitures immatriculées en France arrivent dans le quart d’heure ! Incroyable.
Je fais la connaissance d’Abdoul, sa femme Annabelle, Alpha et Luis, en route pour Nouakchott. Abdoul paie ma « rançon », je récupère mon permis avec un grand sourire… Merci chef !
Nous repartons en convoi, et ce pépin a du bon : je ne suis plus seul.
100 km plus loin, nous atteignons la frontière. Il est 11h00.
C’est l’affluence. Des voitures et camions attendent depuis la veille.
Le “peu” de patience requis se transforme rapidement en beaucoup.
Côté marocain, plusieurs contrôles : police, gendarmerie, douane. Deux heures s’écoulent.
Puis, cap sur le poste mauritanien via le fameux no man’s land : deux kilomètres d’une piste lunaire, jonchée de carcasses de voitures calcinées. Je roule au pas, impressionné.
J’ai l’impression d’être Luke Skywalker cherchant son réacteur dans La Guerre des Étoiles !
Côté mauritanien, même rituel mais plus lent, plus flou, et plus intéressé. On sent les “pressions amicales” :
« T’as pas des cadeaux ? »
Les heures passent. Il faut encore souscrire une assurance pour le véhicule. Une file d’attente de plus, une heure de piétinement supplémentaire.
Mais tout a une fin : nous sommes enfin libres de quitter les lieux. Il est 19h00.
8 heures à la frontière !
L’administration française nous semble soudain formidable…
Il nous est impossible d’atteindre Nouakchott ce soir.
Vers 21h00, nous décidons sagement de dormir dans nos voitures à une station du désert.
Je me glisse en position fœtale sur les sièges avant, en évitant le levier de frein à main dans le dos.
Lit improvisé, mais c’est ça aussi les vacances !
Je m’endors, malgré tout, avec des pensées apaisées.
J’ai déjà oublié nos “bourreaux” du jour.
6h00 du matin, je me réveille endolori, mais j’ai dormi. L’ambiance est bonne, nous formons une équipe sympa.
Merci aux gendarmes marocains : j’ai fait une belle rencontre.
Nous reprenons la route, direction Nouakchott. Je suis invité chez Abdoul.
Nous arrivons vers midi, je passe par la banque pour régler ma dette (merci encore, Abdoul !), et nous prenons un repos bien mérité.
Je profite pleinement de l’hospitalité mauritanienne : une douche, un bon repas — riz au poisson, servi sur le tapis du salon — un Coca… Je me sens beaucoup mieux.
Après une sieste bienfaitrice, nous passons chez Luis, qui héberge Aliou, un copain malien rencontré à la frontière, lui aussi dans la galère.
Nous décidons de poursuivre ensemble jusqu’à Bamako.
Demain, départ très tôt par la “route de l’Espoir”, direction plein est, jusqu’à Ayoun El Atrous.
Ce soir, nous dormons chez les beaux-parents de Luis, accueillis avec générosité et amitié.
Merci à nos hôtes.