De Flores, j’ai pris un bus de nuit dimanche soir pour rallier Antigua, l’ancienne capitale coloniale du Guatemala, fondée par les Espagnols en 1543.
Jusqu’à Guatemala City, le trajet m’a paru court. Confortablement installé dans un luxueux véhicule aux standards européens, je n’ai pas tardé à sombrer dans le sommeil. De l’actuelle capitale, je n’aurai connu que la station de bus dans laquelle j’ai patienté de 4h00 à 6h00, avant de prendre un van jusqu’à Antigua.
Au petit matin, je découvre une ville colorée, entourée d’impressionnants volcans : l’Agua, l’Acatenango et le Fuego, ce dernier étant en ce moment en activité, laissant échapper, au sommet de son dôme, un gros panache de fumée. Le spectacle est pour le moins inattendu et incroyable — une première pour moi. Pour les habitants, visiblement, le phénomène, banal, ne présente aucune inquiétude : les volcans font partie depuis longtemps du paysage et de leur quotidien.
Antigua, classée aujourd’hui au patrimoine mondial de l’UNESCO, a connu deux grands tremblements de terre en 1773, obligeant les colons espagnols à déplacer la capitale. Il ne reste aujourd’hui que quelques ruines des anciens monuments.
Depuis la colline de la Croix, la ville s’offre sous mes yeux, organisée en un quadrillage de rues pavées autour de la vaste place d’Armes . Cette place centrale est marquée par la présence de la cathédrale Saint-Joseph à la façade baroque, de l’ancien Palais national, aux magnifiques colonnades, et de l’hôtel de ville, seul bâtiment à avoir survécu aux séismes.
Antigua ne manque pas de charme et de couleurs, avec de beaux bâtiments comme l’arc de Santa Catalina ou ses églises, notamment La Merced, construite au XVIe siècle, de style baroque, décorée de stuc sur un fond jaune.
Il y a aussi, à Antigua, de bons petits restaurants, sympas et pas chers, certains dotés de belles terrasses avec vue sur les volcans. On peut également y déguster un très bon café — une spécialité de la région.
À Antigua, le spectacle est à chaque coin de rue. Il suffit de marcher, de prendre le temps d’observer, de se laisser surprendre, et la magie de la vie opère naturellement. Les bus colorés roulant à tombeau ouvert dans un concert de klaxons, le vendeur de glaces traversant la place, le cireur de chaussures sous un porche, le camelot faisant l’article pour ses flûtes, les tuk-tuks ballotés par les pavés… Les sujets d’émerveillement ne manquent pas. Mon appareil photo en main, je savoure ces instants de bonheur.
On vient aussi à Antigua pour apprendre l’espagnol dans l’une des nombreuses écoles de langue qui ont fait sa réputation. C’est d’ailleurs dans l’une d’elles, « Los Amigos », que j’ai trouvé un lit dans un dortoir. Un endroit très sympathique, animé au quotidien par les cours, sur la terrasse ou dans la cour intérieure, façon « auberge espagnole » à ciel ouvert, avec vue panoramique sur les volcans depuis la terrasse du toit.
J’ai beaucoup aimé Antigua : un vrai coup de cœur.
Mais je vais y revenir très vite pour une dernière journée et une nuit, avant mon départ pour le Mexique et mon prochain vol pour Mexico City, prévu le 9 mars.