Les Couleurs du Camino

couleurs du camino

La marche ramène le regard à une juste dimension, apprend à gouverner le temps. Le marcheur est un roi. Un roi qui souffre d’être à contrecourant mais qui a choisi, pour aller mieux, les grands espaces plutôt que le divan des rebouteux.
Bernard Ollivier – journaliste & écrivain

Quelle magnifique journée, l’une des plus belles sur ce Camino Francès. Nous sommes arrivés à Molinaseca en milieu d’après-midi ; le village est sublime, comme beaucoup de ceux que nous avons traversés ces derniers jours. Un pont enjambe une petite rivière à l’eau transparente. L’occasion était trop belle pour prendre un bain de pieds, le remède idéal pour apaiser les douleurs. Quel bonheur ! L’eau était glacée, mais les effets se sont avérés bénéfiques.

La randonnée depuis Rabanal del Camino n’a finalement pas été aussi difficile que certains pouvaient nous l’annoncer. L’ascension jusqu’au sommet de la « Cruz de Ferro » n’a posé aucun problème et le temps, une fois de plus, était superbe ; l’air était frais, idéal pour la marche.

La montagne, en ce mois de mai, est en fleurs ; le temps passe vite à contempler les merveilles de la nature. Le chemin sillonne les bruyères, les chênes-lièges et la lavande. C’est tout simplement merveilleux d’être là, de marcher dans cet environnement exceptionnel et coloré. Je me rends compte que je suis plus attentif à tout ce qui m’entoure : je vis chaque instant intensément, je vois ce que je ne voyais pas autrefois, que de progrès !

La descente jusqu’à l’arrivée (de 1 500 à 600 m) a aussi été un grand moment de cette journée. J’adore courir et sauter sur la rocaille ; c’est très sportif et grisant, et aujourd’hui j’étais vraiment en grande forme, je me suis fait plaisir !

Demain me rapproche un peu plus de Santiago : plus que 220 km. L’arrivée est prévue le 16 mai ; encore neuf belles journées à savourer et à vivre pleinement et joyeusement.

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