Je suis en Espagne depuis quelques heures. Parti tôt ce matin de Saint-Jean-Pied-de-Port, l’étape a été éprouvante, sans aucun doute la plus difficile depuis mon départ. Après six semaines de marche et un peu plus de 1 000 km parcourus, je pouvais croire que cette longue montée serait à ma portée. En fait, pendant la première partie, jusqu’au refuge de l’Orisson, j’étais à « l’agonie ». 700 m de dénivelé sur 8 km, pas de répit, dur, dur, aucun faux-plat, la sensation de ne plus pouvoir bouger, le sac pesant des tonnes… Je l’avais pourtant allégé à Saint-Paul-lès-Dax de quelques livres et guides…
Après une bonne pause, deux cafés et une part de gâteau basque (excellent dopant !), le « diesel » commençait à mieux fonctionner, la montée jusqu’au col à 1 400 m s’est finalement mieux déroulée par la suite. La météo était correcte, un peu frais, pas de vent, mais beaucoup de brouillard (heureusement, le parcours est bien balisé). Il restait encore un peu de neige dans les hauteurs et la température était un peu « frisquette » !
Un nouveau chemin débute maintenant pour moi, je suis heureux d’avoir atteint ce premier objectif. Ce soir, nous sommes environ 200 pèlerins au monastère (entièrement rénové et flambant neuf) de Roncevaux. Je n’ai jamais vu autant de pèlerins en si peu de temps ! Après ces semaines de solitude, le changement est énorme ! Depuis Ostabat, nous avons retrouvé les marcheurs de Vézelay et du Puy-en-Velay. Par ailleurs, Saint-Jean-Pied-de-Port est le point de départ de nombreux étrangers.
Depuis Sorde-l’Abbaye, je fais route avec Ton, mon compagnon hollandais. Nous passons de bons moments ensemble en soirée et lors des repas partagés, chacun marchant de son côté pendant la journée. Nous n’étions que deux dans les gîtes ces derniers jours, nous avons un peu plus de voisins désormais !
La traversée du Béarn et du Pays Basque a été merveilleuse, les paysages de ces régions sont superbes et les gens accueillants. Le beau temps était également au rendez-vous, il a même fait chaud en début de semaine, presque l’été. Sans compter que depuis Dax, on mange très bien et que le vin est bon, fini les sandwiches !
Physiquement, tout va bien, je suis satisfait de marcher à nouveau avec une paire de bonnes chaussures (Salomon fabriquées au Vietnam), (encore une fois, j’ai pu boycotter les produits chinois). Un peu de courbatures le soir mais pas d’ampoules !
Maintenant, je crois que le plus dur a été fait. Il me reste à vivre pleinement le Camino Francès et à découvrir de nouvelles régions d’Espagne, 32 étapes jusqu’à Santiago, « Buen Camino » !