Le Poivre de KAMPOT

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Je suis toujours dans la région, seulement 30 km me séparent de KEP. J’ai posé mon sac à KAMPOT, une bourgade tranquille, réputée pour son poivre, l’un des meilleurs au monde.

Cette petite ville est attachante et possède un charme certain avec son ancien quartier colonial aux maisons défraîchies, ainsi que son vieux pont qui enjambe la rivière Stung Sanke. L’intérêt de venir ici réside également dans la découverte des environs.

J’ai commencé par me rendre en moto au BOKOR, une station située au sommet de la chaîne de montagnes de l’Éléphant, qui domine KAMPOT. Une trentaine de kilomètres d’ascension pour, au final, m’émerveiller de la vue sur le golfe et ses îles, sur KEP, et, au loin, le VIETNAM.

Arrivé sur le plateau, j’ai eu la surprise, après avoir admiré le magnifique panorama, de voir surgir dans le décor un énorme… hôtel-casino ! Digne de LAS VEGAS (je n’ai pas souhaité le prendre en photo). Un (riche) mégalo cambodgien s’est mis en tête de créer un resort haut de gamme à la mode ; ceci n’est que le début, viendront ensuite des villas (pour les courses, c’est un peu loin…), les routes sont déjà réalisées sur des kilomètres, attendant d’hypothétiques clients.

Quel gâchis… Commencé il y a un siècle par les Français, à l’époque du protectorat, un casino, une église et quelques résidences occupaient déjà le site, aujourd’hui abandonnés mais en voie d’être restaurés (avec l’argent de la roulette…). Notre richissime pompiste (le monsieur possède une chaîne de stations) joue un sacré coup de poker…

Une fois redescendu, j’ai poursuivi ma balade vers le village des pêcheurs, situé à l’embouchure de la rivière. J’aime aller à la rencontre des habitants qui me le rendent bien d’ailleurs. Encore une fois, je ne suis pas déçu d’être venu jusqu’ici. Plus que les mots, l’échange de sourires nous unit un instant dans un élan de fraternité. Les pêcheurs et leurs familles sont musulmans, leurs ancêtres se sont installés ici, arrivant de Malaisie ou d’Indonésie ; une mosquée se dresse au milieu des cabanes et maisonnettes sur pilotis, les femmes sont couvertes. Je découvre ainsi l’une des facettes du Cambodge, un pays riche de cultures.

Un peu plus loin s’étendent les marais salants, le paysage est magnifique, je croise des enfants qui ramènent les buffles. Une première journée de visite s’achève, je rentre à KAMPOT profiter de la douceur de la soirée et admirer le coucher de soleil sur la rivière.

Aujourd’hui, j’ai pris la route du poivre et de ses plantations, à une trentaine de kilomètres de KAMPOT. J’ai marqué une pause pour visiter la grotte de Phnom Chnork, perdue dans un joli coin de campagne, au pied d’une colline et au milieu des rizières. Cette grotte abrite un petit temple préangkorien du VIIe siècle, bien conservé. Ce détour agréable m’a permis de croiser Benjamin, jeune voyageur au long cours et adepte du moment présent : une belle rencontre et une vision commune.

J’ai donc découvert cet après-midi le fameux poivre de KAMPOT, récolté autrefois par les Chinois ; sa culture est devenue plus intensive au XIXe siècle sous la présence des Français.

Cent cinquante plantations sont installées dans la région et, depuis 2010, un label « Kampot Pepper » a été mis en place pour garantir la provenance du produit, certifié par ailleurs Ecocert (compost organique et absence de traitement chimique).

J’ai rencontré un charmant producteur allemand, qui vit au Cambodge depuis 25 ans ; grâce à lui, j’en sais beaucoup plus sur le poivre, une liane qui s’enroule autour d’un grand tuteur en bois. La récolte dure à peu près six mois, un plant ne peut produire avant quatre ans. Trois sortes de poivre sont commercialisées, selon leur élaboration : le blanc, le noir et le rouge.

J’ai passé un bon moment dans sa plantation, je l’ai écouté me parler de son parcours dans le pays et, en sa compagnie, j’ai appris sur le Cambodge.

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