Mardi 20, l’heure du petit-déjeuner. Le ciel est gris, il a plu une bonne partie de la nuit.
J’ai tout de même mieux dormi que la nuit précédente.
J’étais logé à la Travel Lodge Guesthouse — mauvaise pioche : chambre exigüe, odeur de moisi, fenêtre donnant sur un couloir éclairé toute la nuit… et cerise sur le gâteau : deux jeunes chiens qui jouaient avec une souris !
Je ne me suis pas attardé, et j’ai déménagé rapidement dans un endroit plus calme et plus propre.
J’attends un peu avant de reprendre la route : il tombe un fin crachin, et je me doute que les chemins vont être encore bien boueux.
Hier, j’ai failli y rester !
Ma « ZongShen », pas vraiment taillée pour le tout-terrain, s’est retrouvée plantée dans une ornière.
J’avais fière allure, enfoncé dans la boue, essayant de ne pas salir mes chaussures !
Un bon moment de solitude, mais je m’en suis finalement sorti.
En soirée, j’ai rencontré Jean, de Montréal, lui aussi en vadrouille dans la région, accompagné d’un copain hollandais.
Ils ont crevé deux fois sur la route — comme quoi je ne suis pas le seul à galérer !
Mais prendre ces pistes, partir à la découverte de villages isolés, c’est vraiment ce qui rend ce voyage passionnant.
L’intérêt est plus dans la quête elle-même que dans les sites touristiques.
La route N12 est jalonnée de grottes et de curiosités naturelles, certaines difficiles d’accès en cette saison de pluies.
J’ai tout de même visité la grotte de Tham Nang Ene (voir photo), un enchaînement de cavités sur 2,5 km, abritant un lac souterrain. Une pause agréable, au frais, qui valait le détour.
Entrer dans la forêt classée de Phou Hin Poun a été un moment fort.
Des gens vivent ici loin de tout, regroupés dans de petits hameaux, en totale autarcie.
On touche là à une forme de simplicité radicale, presque hors du temps.
J’ai terminé ma balade par la visite du stupa de Sikhotta Bong, un des sites bouddhistes les plus sacrés du Laos, érigé sur les rives du Mékong.
Sa construction remonterait aux VIe – VIIe siècles.
Le lieu, baigné par la lumière dorée de fin de journée, invite à la paix et à la contemplation, le regard tourné vers les eaux troubles du fleuve.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté
Charles BAUDELAIRE (Invitation au Voyage)