J’ai quitté Siem Reap ce matin ainsi qu’Angkor, la fabuleuse capitale de l’Empire khmer, fondée au IXe siècle par le roi Yasovarman Ier. Elle aura rayonné pendant cinq siècles. Durant trois jours de visites, j’ai pu admirer le glorieux héritage d’Angkor, cité de légende. Il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour que l’Occident découvre la richesse et la beauté de ces vestiges.
Aujourd’hui, Angkor continue de faire rêver ; plus de deux millions de touristes viennent chaque année visiter ses temples. Une véritable manne financière qui ne profite visiblement qu’à quelques-uns.
Le succès de cette destination a hélas des répercussions néfastes. Siem Reap, la ville qui accueille les visiteurs, n’est pas très intéressante avec ses (trop) nombreux pubs, restaurants, bars de nuit, discothèques et salons de massage. Je n’ai pas apprécié l’ambiance et le racolage des chauffeurs de tuk-tuk (plus de 2 000 !), qui proposent sans scrupules des « filles », de la drogue ; l’envers du décor est bien moins glorieux…
J’ai compris qu’il valait mieux ne pas trop rester dans cette « jungle » et partir au plus vite, dès vendredi matin, à la découverte des temples à bicyclette. Mon billet (assez cher) me permettait trois jours de visites.
J’ai fait mon premier arrêt à Angkor Wat (photo ci-dessus), le plus vaste et le plus célèbre de tous, symbole du Cambodge. Bâti au XIIe siècle (en même temps que Notre-Dame de Paris), sa construction a duré 37 ans et a mobilisé 300 000 ouvriers et 6 000 éléphants. Ce temple, impressionnant et immense, est entièrement dédié à Vishnou, dieu suprême de l’hindouisme. La civilisation khmère est influencée par l’Inde ; c’est d’ailleurs assez amusant d’en parler avec des jeunes qui semblent, pour certains, le découvrir !
J’ai poursuivi mon périple jusqu’à Ta Phrom (« le temple d’Angelina Jolie »), le film « Tomb Raider » (que je n’ai pas vu !) ayant été tourné sur ce site. Ce temple, construit au XIIe siècle, fut l’un des plus importants d’Angkor, une ville dans la ville sur une superficie de 60 hectares. Aujourd’hui, sa visite reste un moment magique, avec une part de mystère dégagée par ses ruines envahies par la végétation. Le spectacle offert par les racines des fromagers enserrant les pierres est étonnant.
J’ai terminé ma première journée dans l’enceinte d’Angkor Thom, une ville fortifiée dans laquelle habitaient un peu plus de 100 000 personnes au XIIe siècle. En son centre se dresse le Bayon, un temple-montagne de 54 tours (dont 37 sont encore visibles), chacune ornée de quatre visages censés représenter le Bouddha. À cette époque, les croyances ne se limitaient plus seulement au panthéon hindouiste. Se perdre dans ce dédale au soleil couchant est envoûtant et unique.
Samedi, j’ai eu recours aux services d’un conducteur de moto (la location étant interdite à Siem Reap) pour me rendre à Banteay Srei, l’un des temples mythiques d’Angkor.
Reconnu pour la qualité et la perfection de ses décors, attribués au talent des femmes, seules capables d’une exécution aussi parfaite, ce temple a été baptisé « la Citadelle des Femmes ». C’est l’un des plus jolis temples khmers, avec ses façades sculptées et gravées de figurines. Là aussi, j’ai pris le temps de déambuler autour des pavillons de la cour intérieure et d’admirer la beauté de cet ensemble construit au cœur d’un magnifique paysage de rizières.
Après une journée de repos dimanche, je suis reparti cette fois-ci en tuk-tuk, hier, pour visiter le site de Beng Mealea, « La guirlande de l’étang », construit au XIIe siècle et situé à 70 km de Siem Reap, soit deux heures aller et deux heures retour…
C’est dans les ruines de ce temple, pratiquement seul, que j’ai joué à « Indiana Jones » ! Accompagné d’une jeune guide, j’ai pu pénétrer dans les entrailles du temple, sentir l’humidité dans la pénombre des galeries effondrées, escalader les pierres et les murs écroulés. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce lieu mystérieux, tel un archéologue en quête d’un nouveau trésor. J’ai pu prendre de belles photos pour vous faire partager ce moment de bonheur (photos ci-dessous).
Je crois que je vais essayer de m’arrêter à nouveau à Angkor sur le chemin du retour, marcher encore parmi ses temples et remonter le temps au cœur de la cité de légende.