CHIAPAS en Terre MAYAS

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Le Chiapas est une vaste région montagneuse qui s’étend à l’est du pays et jouxte le Guatemala. À San Cristóbal de Las Casas, un changement est perceptible à travers une présence plus marquée d’Indiens, descendants des Mayas. Ils représentent un tiers de la population locale. Le Chiapas est une région riche du Mexique où, hélas, la pauvreté est la plus visible, les Indiens poursuivant leur lutte pour un meilleur partage et moins d’inégalités sociales.

La ville, plus vieille cité espagnole de l’État du Chiapas, a conservé, à travers son habitat sobre aux maisons colorées, le style et l’architecture de l’époque coloniale. Comme dans les autres villes précédentes, le zócalo, la place centrale, est dominé par la cathédrale, édifiée au XVIᵉ siècle et reconstruite en 1670 suivant les plans de celle d’Antigua, au Guatemala. En parcourant les rues de la ville, tout rappelle ici le pays voisin. Le Gran Mercado, le marché local — qui passe pour être l’un des plus beaux du Mexique — est un lieu de vie majeur où se retrouvent les Indiens pour vendre fruits et légumes. C’est la bousculade dans les allées animées, un régal pour les sens, où règne une ambiance joyeuse. Le spectacle est partout, et les étals offrent de formidables couleurs.

À San Juan Chamula, un « village » (60 000 hab.) voisin, l’église représente la grande attraction de la région (photo 8). En cette période de Semaine sainte, les curieux et touristes sont encore plus nombreux à venir découvrir l’univers chamanique de ce lieu de culte dédié à San Juan. Ce saint, qui porte un mouton dans ses bras — l’animal sacré des Indiens Tzotziles — a ici remplacé depuis longtemps le Christ. L’église est vide et nue de mobilier, et le dernier prêtre a pris un congé (forcé) en 1867 !! Les Tzotziles pratiquent leur propre religion, basée sur le culte des esprits et les mythes mayas, avec un mélange de rites et de symboles catholiques (croix, bougies, encens). Dans la pénombre enfumée du chœur, les fidèles récitent des prières ou scandent des incantations, couvrant parfois les cris étouffés d’un coq ou d’une poule destinés aux sacrifices. Atmosphère irréelle et… envoûtante !!

Au pied des montagnes du Chiapas, Palenque (« entouré d’arbres ») est réputée pour sa cité maya (photos ci-dessous), l’une des plus célèbres et des plus belles du Mexique. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, cet ensemble de pyramides et de temples est tout simplement superbe. Bien préservée et implantée au cœur d’une végétation tropicale, la cité possède des édifices remarquables. Dès l’entrée du site, on découvre le Templo de las Inscripciones, édifié au sommet d’une pyramide de 22 m (photo 2). En 1949, des archéologues ont découvert à l’intérieur de celle-ci un escalier menant à une crypte funéraire contenant le tombeau du grand roi maya Pacal (VIIᵉ siècle). Cette découverte importante venait ainsi confirmer que les pyramides mayas n’étaient pas que des sanctuaires. Le Palacio est l’un des autres monuments majeurs de la cité : vaste plate-forme surélevée sur laquelle reposent de multiples constructions et une tour, cet ensemble était dédié aux cérémonies religieuses et aux rituels organisés par le roi et ses prêtres.

Dans les environs de Palenque, à une soixantaine de kilomètres, Agua Azul est le rendez-vous des Mexicains, locaux comme touristes. L’endroit est magnifique : une succession de cascades et de bassins naturels à l’eau turquoise fait la joie des nombreux baigneurs. Les restaurants et échoppes en tout genre font le plein. Dans une ambiance de kermesse, je me baigne pour la première fois au son de la musique des mariachis !!

À bientôt pour la suite du périple au Yucatán.

Joyeuses Pâques à toutes et tous ! Portez-vous bien.

Contre l’horreur : l’humour. Il faut rire beaucoup pour faire un monde nouveau, sinon ce monde nouveau naîtra carré, et il n’arrivera pas à tourner !!
Commandant MARCOS

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