Le Riad comptait parmi les demeures somptueuses, construites au 18e siècle, à la belle époque de Mogador. D’architecture arabo-andalouse, le fier édifice, dressé au-dessus des remparts, en imposait par son style et son aspect monumental.
— Ce lieu est magique. Ma chambre s’ouvre sur la plage. Vous allez sans doute me supposer cavalière. Aussi, ne vous sentez pas obligé d’accepter.
Hostile au régime de Vichy, il prit ainsi ses distances avec son père, virulent et actif pétainiste.
Le ménage remonta à la capitale après l’armistice.
En octobre 1944, le cadavre de Casimir fut repêché dans le canal Saint-Martin, à l’écluse des Récollets. Décès accidentel, représailles ? Nul ne le saura jamais.
Le centre de méditation et d’étude bouddhistes culminait sur les hauteurs de Martignac, un village authentique niché au cœur du Périgord Noir.
Un stoupa blanc, signal anachronique pour la région, confirmait aux visiteurs leur arrivée sur les lieux de la retraite.
Le monument, en forme de bulbe, se dressait au milieu de la cour d’une ancienne ferme, composée d’un ensemble de bâtisses en pierres.
Je pris possession de ma chambre monacale, à l’intérieur spartiate, et sans ostentation. Un simple lit, une table rustique, une penderie constituaient le sobre mobilier.
La fenêtre ouvrait sur un vallon boisé, avec au premier plan, des oriflammes multicolores flottant au vent. Je sus, plus tard, qu’il s’agissait de drapeaux de prières tibétains.
Antoine, la quarantaine, dirige au Mans un réseau d’agences immobilières. Riche et reconnu, il ressent néanmoins une impression désagréable de tourner en rond dans sa cage dorée.
Sa femme Isabelle, opticienne ambitieuse et affairiste, rentre d’un stage de danse africaine au Sénégal durant lequel elle est tombée sous le charme de Bakary, un joueur de djembé.
Agissant comme un catalyseur, cet évènement bouscule la vie d’Antoine et réveille le lion qui dormait en lui.
Par l’entremise de Pascal et Frédéric, le couple d’amis fidèles, il fait la connaissance de Max Krikorian, psychiatre réputé, qui l’initie à la pratique de la méditation. Cette rencontre s’avère déterminante et l’entraîne dans une succession de réflexions et de changements.
Une retraite dans un centre bouddhiste en Dordogne scelle des résolutions radicales. Antoine, au bord du burn-out, décide de divorcer et de quitter son employeur.
Un pèlerinage sur le chemin de Compostelle lui permet de nouer une relation avec Carmen, infirmière andalouse, au tempérament fougueux. À cette dernière, il promet d’aider son association humanitaire en emportant une cargaison de fournitures et de médicaments au Burkina Faso.
Un matin de juillet, Antoine se retrouve à bord d’une vieille Renault 21 en route vers l’Afrique.
Soraya, journaliste épanouie, peint une aquarelle sur une terrasse à Rabat. Contre toute attente, son apparition entraîne Antoine dans une aventure amoureuse riche en révélations spirituelles. Sous le charme, il l’accompagne dans ses déplacements professionnels.
Le monstre qui hante Antoine depuis l’enfance resurgit dans un riad de Meknès. Sa vision ne le lâche plus.
Une manifestation surnaturelle dans un hammam à Essaouira marque le début d’évènements troublants. Antoine a le sentiment d’avoir connu Soraya dans une autre vie.
Il doit reprendre sa route en direction de la Mauritanie, la jeune femme poursuivant ses reportages au Maroc.
Dans une auberge à Segou, sur les rives du fleuve Niger, un rêve bouleverse Antoine. Soraya et lui sont à Paris sous l’occupation. Un drapeau nazi flotte au vent. Un convoi de bus, des gens regroupés, apeurés, valises à la main, des cris, des pleurs… une rafle de juifs.
Pourquoi ce rêve ?
Mission humanitaire accomplie, Antoine prend du repos à Bamako. Soraya doit bientôt le rejoindre à l’hôtel. Un plongeon dans la piscine change la donne. L’hydrocution le saisit. Inconscient, une nouvelle révélation l’entraîne sur le canal Saint-Martin en 1944. Des images resurgissent. Il découvre enfin l’identité du monstre. Les contours d’une tragédie s’esquissent en un songe glaçant.
Du passé au présent, quel lien existe entre ces hallucinations, l’évènement du Vel d’Hiv en 1942, et la rencontre d’Antoine et de Soraya ?
Quel est le sens de ce voyage en Afrique ?
L’amour se perpétue-t-il dans le temps ?
Il n’y a rien d’impossible quand on s’aime, écrivit George Sand.