Je suis arrivé à Guenrouet, en Loire-Atlantique, au terme d’une étape longue mais sans difficultés. La journée a été ensoleillée sur les berges du canal de Nantes à Brest, que j’avais quittées à Malestroit. J’ai parcouru 250 km depuis mon départ, le chemin est moins éprouvant et je me sens de mieux en mieux physiquement.
Je passe beaucoup de temps seul, je fais de rares rencontres et trois à quatre heures peuvent s’écouler sans que je croise quiconque. Aujourd’hui est exceptionnel : j’ai fait connaissance avec Joël et René, deux jacquets, à la chapelle Saint-Jacques avant Fégréac et nous nous sommes à nouveau revus au restaurant de cette commune. Cette rencontre a été riche en anecdotes et histoires du chemin, un bon moment de partage et d’échanges.
Mardi après-midi, mon ami Arnaud de Vannes m’a rendu visite à Rochefort-en-Terre, porteur de ma carte bancaire. Je l’avais oubliée à la crêperie de Josselin dimanche ! Merci Arnaud, mais dorénavant je dois être vigilant : je n’aurai pas d’assistance sur tout le parcours !
L’étape d’hier, Rochefort-en-Terre – Redon, me laissera un grand souvenir. Tout d’abord parce que le chemin emprunte un secteur magnifique : le massif ardoisier de Malansac et le parc forestier de Bodélio, dominé par un éperon rocheux au sommet duquel se dresse la croix de Vau Bily. Le panorama sur la vallée est superbe. Plus loin, sur la crête boisée de Saint-Jacut-les-Pins, j’ai pu admirer cinq moulins à vent du XVIIe siècle. Cette étape a été un véritable enchantement pendant les trois quarts du parcours.
C’est aussi sa fin qui marquera cette journée. Et là, j’ai pourtant bien suivi mon guide : j’ai pris le GR sur les derniers kilomètres le long de l’Oust. Quelle erreur ! J’aurais dû poursuivre sur la départementale. Après 500 mètres, je me suis retrouvé dans un véritable marais. Reculer ou avancer ? J’ai choisi la deuxième option, je ne voyais plus mes chaussures ! Étanches, mais là, c’était un peu trop… Le cauchemar a duré encore un kilomètre et c’est dans un piteux état que je suis entré dans Redon et me suis rendu à l’Office de Tourisme, charriant avec moi une odeur pestilentielle de vase !
J’ai été logé dans le couvent des Calvairiennes, géré par la ville, lieu de réception des pèlerins. J’étais seul et très à l’aise, compte tenu de l’espace !
La chance, c’est qu’à Redon j’ai pu profiter d’un Lavomatic et faire une bonne lessive !
Je suis reparti ce matin comme neuf et je sentais bon !