Un petit tour par RANGOUN …..

yangon 9

À mi-chemin entre Bangkok et Calcutta, j’avais envie de revoir Rangoun après mon dernier séjour en 2015, dans le cadre des élections générales.

Je profite de ces quelques jours pour marcher à nouveau dans Downtown, le cœur historique de l’ancienne capitale de la Birmanie britannique. Je suis revenu à l’auberge de jeunesse « The Sat », au 93 Lanmandaw Street (www.sathostelyangon.com). J’ai revu avec joie sa propriétaire, Cho Cho, devenue mon amie depuis ma première visite en 2012.

Rangoun a moins changé durant ces deux dernières années que de 2012 à 2015. Si ce n’est la circulation devenue très difficile : la ville est désormais engorgée par des flots continus de véhicules, rendant les déplacements longs et pénibles. L’élan économique semble se poursuivre, mais plus lentement, dans l’attente de jours meilleurs. L’allégresse des lendemains de victoire est retombée, et beaucoup attendent encore de pouvoir quitter leur misère quotidienne.

L’espace s’est néanmoins organisé : les rues sont plus propres, et il y a beaucoup moins de marchands ambulants sur Sule Road. Je n’ai pas retrouvé les petites cantines improvisées, qui ont laissé place… au stationnement des voitures. C’était pourtant bien sympa, et souvent délicieux. J’ai regretté, dès le premier soir en arrivant de l’aéroport, de ne pas retrouver cette ambiance unique et bon enfant. Les restaurants, salons de thé et pâtisseries commencent à apparaître. Je me suis d’ailleurs laissé tenter par « Parisian », nouvellement installé : le café est bon… et les gâteaux aussi !

Il n’y a pas trop de touristes, hélas. Les événements des derniers mois contribuent sans doute à cette faible fréquentation. C’est dommage, ce magnifique pays mérite mieux. Il ne faut pourtant pas hésiter à venir : les Birmans nous attendent et sont prêts à nous faire partager l’amour de leur pays et de leur culture.

J’ai prévu de partir jeudi, avec un vol en soirée pour Calcutta… si tout se passe bien !!

Car j’ai connu aujourd’hui une nouvelle aventure avec le visa indien — je suis désormais rentré dans la catégorie des spécialistes ! En fait, en me suivant, vous devriez normalement éviter pas mal de déboires…

Ne sachant pas trop comment me rendre en Inde — par la route ou par avion — j’ai finalement opté hier pour la seconde solution. J’ai acheté un billet en ligne à un prix attractif auprès de la compagnie birmane M.A.I. Apparemment, le passage à la frontière par la route n’étant pas possible, ce choix me paraissait dès lors plus judicieux. Mais il fallait bien un problème… Le vol est jeudi, et je pensais pouvoir faire ma demande de e-visa dans la foulée. Quelle ne fut pas ma surprise, en découvrant à l’écran que toute demande doit être faite au moins 4 jours avant la date de départ… la boulette !!

Pas de panique à bord : restait la solution de l’ambassade à Rangoun, où je me suis rendu ce matin, en sachant qu’obtenir un visa en deux jours, ce n’est pas gagné d’avance… surtout avec l’Inde. J’ai déjà donné, notamment à Katmandou !

Arrivé avant l’heure devant la porte, j’ai la chance qu’une jeune Chinoise, qui suivait ma conversation avec un autre demandeur, m’informe qu’il faut obligatoirement fournir un formulaire dûment complété. L’ambassade ne distribue pas de documents : je dois donc me rendre dans une boutique spécialisée, un peu plus loin dans le quartier. Elle m’indique également que le montant à payer est de 103 dollars US, en billets neufs — l’ambassade ne prend pas la monnaie locale.
Dix minutes avant l’ouverture du guichet, j’ai donc deux missions : remplir le document et trouver 103 dollars.

Je trouve, non sans mal, ladite boutique. Après quelques minutes, je constate rapidement que le travail va prendre un certain temps : visiblement, le matériel informatique n’est pas de première jeunesse. Et je peux comprendre que remplir un formulaire en langue française ne soit pas évident. Moi-même, je me verrais mal faire ça en birman !

Toujours est-il qu’après un certain temps, j’arrive au bout de mes peines et m’empresse de chercher une banque pour obtenir des dollars. Il est déjà 10h, et à 11h le service des visas ferme. Les Birmans n’ont pas l’habitude de voir des gens courir comme moi : je saute d’une banque à l’autre, pas de dollars dans l’une, ouverture à 11h dans une autre… La troisième tentative est enfin la bonne.

Je retourne à l’ambassade avec mon formulaire et mes dollars en poche. Mon premier interlocuteur m’informe que je pourrai récupérer mon visa vendredi ! Problème : j’envisage de prendre l’avion jeudi… Je dois alors gentiment plaider ma cause au guichet. Mon interlocutrice consent de bonne grâce à ce que je le récupère finalement jeudi à 15h — mon vol est à 16h40… J’imagine déjà le rush pour me rendre à l’aéroport. Bon, ça, c’est pour plus tard.

Revenons au guichet : il est 10h45. Mon interlocutrice examine un à un les billets. J’ai fourni un listing avec tous les numéros (?!). Les billets sont neufs, mais elle en refuse un qui ne lui plaît pas. Heureusement, il me restait un unique billet de 10 dollars qu’elle accepte d’échanger.
Mais le plus embêtant arrive : à l’examen du formulaire, elle constate que mon adresse personnelle n’est pas correcte… Je suis domicilié à l’hôtel à Rangoun ! Et comme il n’est pas possible de corriger à la main, je dois retourner à la boutique…

Je ne peux blâmer personne : je suis à l’origine du problème. Le propriétaire de l’office informatique se remet à la tâche… lentement. Devant ses difficultés, je lui propose mon aide. Il accepte que je prenne le relais au clavier. Il faut tout recommencer !

11h20 : je suis de retour à l’ambassade. Je suis attendu, et je peux enfin remettre mon dossier.
J’espère maintenant que tout va bien se passer. Prochaine étape : jeudi, 15h, au guichet pour la récupération du visa. Ensuite, il faudra miser sur les compétences d’un bon chauffeur de taxi.
Dès jeudi matin, je vais me mettre en quête d’un champion du volant équipé d’une bonne voiture. Il faut compter 45 minutes de trajet, sans trop de bouchons ! Je pense aussi prévenir la compagnie demain de mon éventuel retard…

La suite au prochain épisode !!

Enfin, hier soir, je suis allé à la Shwedagon Pagoda, haut lieu du bouddhisme birman (photos ci-dessous). C’est toujours un grand moment de bonheur et de sérénité que de baigner dans cette atmosphère paisible. La nuit, le spectacle est encore plus somptueux : le stupa d’or embrase le ciel et illumine la ville.

Et maintenant… à bientôt en Inde ! Portez-vous bien !!

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